
Le STM compte sur l’intégrité et la disponibilité de divers systèmes de positionnement, navigation et synchronisation (PNS), comme le système d’identification automatique (AIS pour automatic identification system) et le système mondial de positionnement (GPS pour global positioning system). Des données de PNS précises sont cruciales pour la navigation sécuritaire et essentielles pour les nouvelles technologies, comme les navires autonomes et les systèmes de port intelligent. Toutefois, les signaux de l’AIS et du GPS sont vulnérables aux interférences, car ils ne sont habituellement pas protégés par chiffrement ou par tout autre mécanisme qui valide leur contenu ou leur origine.
L’interférence des systèmes de PNS est classée en deux catégories :
- Le brouillage de signaux est une forme d’attaque par déni de service qui empêche un système cible de recevoir la communication prévue en surchargeant le receveur au moyen d’un signal malveillant, ce qui rend les données de PNS inaccessibles pour la victime.
- La mystification de signaux est une forme de manipulation de données qui trompe un système cible pour qu’il accepte un signal malveillant plutôt que la communication prévue. Ainsi, une utilisatrice ou un utilisateur peut décider, sur la foi de données de localisation erronées, de changer de trajectoire et éventuellement de s’engager dans des zones dangereuses.
On a constaté, au cours des dernières années, une augmentation du nombre de signalements d’incidents d’interférence de PNS qui touchent les transports maritime et aérien civils. Certains incidents signalés découlent probablement des mesures de guerre électronique prises à proximité des zones de conflit, notamment près de l’Ukraine. Toutefois, l’interférence des données de PNS peut aussi servir à cacher ds activités maritimes criminelles ou à soutenir des objectifs géopolitiques étatiquesNotes de bas de page 7. Par exemple, en juillet 2019, le Stena Impero, qui bat pavillon britannique, a été saisi par l’Iran dans le détroit d’Ormuz pour avoir traversé les eaux territoriales iraniennes. Après avoir procédé à une analyse, des chercheuses et chercheurs en sécurité ont avancé que le Stena Impero avait peut-être dévié de sa trajectoire dans les eaux territoriales iraniennes en raison de données de positionnement falsifiées transmises par l’AIS, possiblement pour justifier la saisie du navire par l’IranNotes de bas de page 8.

